Le statut de loueur en meublé non professionnel attire par sa fiscalité, mais un achat mal préparé déçoit vite. Objectif, déclaration, régime fiscal, type de bien : voici les fondations à poser avant de signer chez le notaire.
Préparez votre projet autour de l’achat LMNP
Avant de comparer des annonces, posez le cadre : ce que vous attendez de l’investissement, ce que vous pouvez y consacrer, et les démarches qui feront de vous un loueur en meublé déclaré.
Fixez votre objectif et votre budget
Revenus complémentaires immédiats, patrimoine à transmettre ou loyers peu fiscalisés : chaque objectif oriente vers un type de bien différent. Avant de vous engager, préparez votre projet autour de l’achat LMNP en chiffrant votre apport, votre capacité d’emprunt et le rendement attendu, charges et impôts déduits. Gardez une marge pour le mobilier, les frais de notaire et une éventuelle période sans locataire.
Déclarez votre activité de loueur en meublé
La location meublée est une activité commerciale : déclarez-en le début dans les quinze jours sur le guichet unique de l’Inpi, qui vous attribue un numéro SIRET. Vous restez loueur non professionnel tant que vos recettes ne dépassent pas 23 000 euros par an ou restent inférieures aux autres revenus d’activité de votre foyer. Si les deux seuils sont franchis, vous devenez loueur professionnel, avec d’autres règles sociales et fiscales. Prévoyez aussi la cotisation foncière des entreprises, due à partir de la deuxième année, dont les petites recettes sont exonérées.
Choisissez entre le statut réel et le régime micro pour votre fiscalité
Vos loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux. Deux régimes s’offrent à vous, et le bon choix dépend surtout du montant de vos charges et du prix du bien. Le micro s’applique par défaut, mais vous pouvez opter pour le réel même sous son plafond.
Le micro-BIC, un abattement forfaitaire simple
Le micro-BIC s’applique par défaut : l’administration retient 50 % de vos loyers au titre des charges et vous êtes imposé sur le reste, sans comptabilité à tenir. Le plafond de recettes a été relevé à 83 600 euros pour les revenus 2026. Attention aux meublés de tourisme non classés, ramenés par la loi Le Meur à 30 % d’abattement et 15 000 euros de recettes. Ce régime convient aux petits loyers et aux biens peu chargés.
Le régime réel, des charges et amortissements déductibles
Au réel, vous déduisez vos charges effectives, intérêts d’emprunt, taxe foncière, assurance, et surtout l’amortissement du bâti et du mobilier. Vos loyers restent ainsi peu ou pas imposés pendant de longues années. La contrepartie est double : une comptabilité, souvent confiée à un expert-comptable, et depuis la loi de finances 2025, des amortissements réintégrés dans la plus-value à la revente, sauf, sous conditions, en résidence étudiante, senior ou en Ehpad.
Sélectionnez un bien meublé ancien ou neuf selon vos critères d’investissement
L’âge du bien change le prix, le rendement et les risques. Ancien ou neuf, le bon choix découle de l’objectif fixé au départ plutôt que d’une préférence de principe. Dans les deux cas, l’emplacement et la demande locative priment sur l’avantage fiscal.
L’ancien : un rendement immédiat, à condition de bien choisir
Un appartement ancien s’achète en général moins cher au mètre carré et se loue sans délai. Vérifiez son DPE : un logement classé G ne peut plus être mis en location depuis 2025, et les F suivront en 2028. En résidence de services, le rachat d’un lot déjà exploité procure des loyers dès l’achat, encadrés par un bail commercial. Examinez alors la solidité de l’exploitant, la durée restante du bail et la répartition des travaux.
Le neuf : la TVA récupérable en résidence de services
Le neuf coûte plus cher, mais il limite les travaux et répond aux normes énergétiques actuelles. En résidence étudiante, senior ou de tourisme, vous pouvez récupérer la TVA de 20 % sur le prix d’achat si l’exploitant fournit des services para-hôteliers. Conservez alors ce régime vingt ans, faute de quoi une partie de la TVA est à reverser. Comparez aussi le loyer annoncé au marché local : un rendement trop beau cache souvent un prix gonflé.